Pour les amateurs de rugby

( Par J.M Gramond. D'après le site Union Cubana de Rugby)

1/ Apparition du rugby à Cuba : C'est en 1902 que le rugby aurait fait son apparition à Cuba : les équipages de navires de guerre auraient profité d'escales dans des ports cubains pour pratiquer ce sport. Ce qui est sûr, c'est que le rugby à 15 apparaît officiellement en 1992, à l'université de La Havane où un groupe d'étudiants s'est passé pour la première fois un ballon ovale. Et, au mois d'avril de cette année a été constituée l'équipe de rugby Indios Caribe de cette même université.

  Les mois suivants, des étudiants d'autres universités se sont regroupés. C'est ainsi que le stade Juan Abrantes de l'université de La Havane est devenu le lieu où peu à peu, ce sport a été pratiqué. Six mois seulement après ces débuts eut lieu la première rencontre internationale amicale avec l'équipe des Iles Caïman.

2/ Le décollage : après trois années d'activités au ralenti, le rugby fut miraculeusement sauvé, en 1995, par Max Bouix, grand ami de Cuba, qui venait de s'installer dans l'île, pour des raisons professionnelles. Il fut d'abord entraîneur de l'équipe des Indios Caribe, puis directeur technique national. Infatigable promoteur et mécène du rugby à Cuba, il a su organiser de nombreuses rencontres amicales avec divers pays étrangers.


3/ L'organisation actuelle :
  Depuis 2002, le rugby s'est structuré à Cuba avec le Groupe national de développement du rugby qui comprend des instances nationales et provinciales.
  Le rugby est pratiqué dans la plupart des provinces. On compte 28 équipes seniors (18 ans et plus). Dans trois provinces existent des écoles de rugby ( 7-17 ans), et on assiste à la naissance du rugby féminin. On dénombre un total de 1567 licenciés actifs.

4/ Les compétitions :
-Tournoi national de rugby à 7 ( VI édition, 2010)
-Copa Zonal "13 de agosto", Camaguey rugby 7 (III édition 2010)
-Copa Zonal La Habana, rugby 15 (V édition 2011)
-Torneo Zonal Las Tunas, rugby 7 (III édition 2008)
-Festival Zonal La Habana de Escuelas de rugby (V édition 2011)
  Par ailleurs, se déroulent chaque année le Tournoi international de rugby à 7 La Habana-Howlers 7's, le Festival international de rugby scolaire, et entre 6 et 8 rencontres amicales avec des équipes étrangères, qui favorisent des échanges fraternels avec la communauté rugbystique internationale.

(Contact : info@rugby-cuba.com)


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Ché Guevara et le rugby...

(Par J.M Gramond- d'après le site Cubania)




  Stéphane Ferrux, directeur de l'agence Cuba autrement, avait rencontré  Alberto Granado, vieil ami du Ché, et compagnon du fameux voyage à motocyclette, et il avait évoqué avec lui les années rugby, en Argentine :

Quelle relation entre le rugby et le Ché ?
  J'ai connu Ernesto par mon frère Thomas. Le gamin de 14 ans voulait pratiquer le rugby. Les autres équipes ne voulaient pas de lui par peur de jouer avec un asthmatique. Malgré sa maigreur, il possédait une force physique de nerveux surprenante. Pour cela, et pensant que le sport était le meilleur remède pour l'asthme, nous l'avons accepté dans une équipe, mais de second niveau. Il possédait un excellent plaquage, à la hauteur des coudes...
  C'était un enthousiaste du rugby. Son père dira qu'il en retint les enseignements de l'esprit d'équipe, de la discipline et du respect de l'adversaire.

Vous avez joué ensemble ?
  A Cordoba. On l'appelait "Fuser" : Furibond de la Serna ( de son nom : Ernesto Guevara de la Serna). Nous pratiquions le rugby à contre-courant de l'époque et particulièrement des courants de Buenos-Aires, où le rugby, comme le golf, étaient d'abord des sports d'élite réservés à la haute société. C'était avant les Pumas et la renommée mondiale du rugby argentin. Nous, c'était pour le défi, la compétition. D'ailleurs, Ernesto vécut un jour une descente de police pour une accusation de divulgation de propagande communiste, alors qu'il participait à la rédaction d'un article dans "Tackle" (plaquage), commentant les différences de classes dans la pratique du rugby argentin.

Et vous êtes devenus amis ?
  A tel point que nous avions décidé de partir en moto, "Fuser" second chef de l'expédition et "Petiso" comme il m'avait surnommé, premier chef. Nous voulions réaliser tous les deux un grand tour d'Amérique latine, refusant les aides classiques pour la recherche médicale où il fallait aller pleurer dans les ministères. Nous avons opté pour l'aventure empirique et le contact avec la réalité de la maladie, car nous projetions d'étudier la lèpre. C'est la rencontre au Mexique avec Fidel qui interrompit l'expédition.

Depuis quand vivez-vous à Cuba ?
  1961, au commencement de la Révolution. Je voyais Fidel comme un véritable leader qui pouvait changer les choses en Amérique latine. Grâce au Ché, j'ai pu participer, comme chercheur biochimiste, au travail réalisé par le gouvernement de Fidel dans le cadre de la santé publique.

Et maintenant, comment vous occupez-vous ?
  Je suis assesseur de nombreuses institutions en relation avec les Ché, à Cuba, au Venezuela et en Argentine. En plus de ces nombreuses responsabilités, je pratique toujours l'exercice physique.. C'est clair, moins le rugby, mais toujours le golf que j'ai appris à Cuba, un pays socialiste ! Et je marche quelques kilomètres chaque jour, car c'est le secret de la forme, avec cette devise : " Le sport comme travail, et le travail comme sport...et un petit rhum chaque jour après le bain."

  (Octobre 2010 : une des dernières sorties publiques de Granado : il venait d'assister à la première du documentaire : Ché, un hombre nuevo, au ciné Chaplin de La Havane)

Granado très entouré à la sortie du cinéma Chaplin